Crypto-monnaies 2 : Et la crypto-morale dans tout ça ?

Bienvenue pour cette série de tutoriels, en français, sur le monde des crypto-monnaies.
Récemment arrivé dans cet univers, je vais vous partager les trucs et astuces qui m’ont aidé, ou qui m’ont manqué, pour débuter sereinement.

Aujourd’hui, on met de coté la pratique, et on passe à la philo de comptoir !

Le bitcoin, et par extension les crypto-monnaies, ont souvent mauvaise presse, parfois à tord, parfois à raison. Listons les différentes critiques et essayons de trier le vrai du faux.

Le bitcoin n’est pas écologique : VRAI
Le bitcoin est basé sur le principe du PoW (« Proof of Work ») : pour maintenir le système fiable, il est nécessaire de « miner », de faire réaliser un très grand nombre d’opération mathématiques à des équipements spécifiques.
Conséquence de cela, la consommation électrique et le développement de matériel dédié sont énormes : pour assurer à peine 500 000 transactions par jour, la consommation est de l’ordre de celle de 35 millions de marocains (par exemple).
Vous avez bien lu : une transaction coute l’équivalent en électricité de la consommation d’une personne pendant un mois !

Heureusement, la situation n’est pas si dramatique :)
La plus grande partie des nouvelles crypto-monnaies, Ethereum en tête, sont basées sur le PoS (Proof of Stake), une manière de garantir la fiabilité du système plus légère en calcul : le couteux mining est remplacé par une vérification de l’ancienneté et de la fiabilité des participants aux réseaux.

De plus, une grande partie des échanges (pour le trading), même de bitcoins, ne sont pas réellement effectués en bitcoin, mais en « jetons », des équivalent plus léger et plus rapide à transférer.

Le bitcoin est une bulle, une pyramide de Ponzi : Probablement Vrai
Et cela ne pose de problème d’éthique que si quelqu’un vous prétend le contraire !

Si vous tenez absolument à devenir riche en tradant (ce qui est risqué et moralement douteux), autant le faire sur le marché des crypto-monnaies ou de l’art, relativement décorrélées de l’économie réelle.
Bon point : votre cupidité ne sera jamais cause de plan sociaux ou de gestion court-termiste dans les entreprises.
Mauvais point : l’argent que vous investissez ne participe à aucune production réelle.

Dans tous les cas, si le bitcoin et les crypto-monnaies sont une arnaque (légale), il y a quand même moyen d’en tirer parti, au détriment de ceux qui ont loupé leurs trades ou de ceux qui arriveront sur le marché plus tard (donc à plus cher !).

Le bitcoin participe au blanchiment d’argent sale : Plus ou moins
Le bitcoin a la réputation d’être un moyen de blanchir de l’argent sale, mais si l’on regarde le système en détail, cela semble être douteux :
– Il faut passer par un compte bancaire vérifié pour acquérir des crypto-monnaies ou recevoir des devises.
– Les transactions bitcoins sont publiques : même avec des systèmes de transactions multiples, ou (plus difficilement) avec les systèmes d’obfuscation par mutualisation, n’importe qui est capable de remonter des mouvements de fonds.
On a vu plus discret pour la mafia :)

Nul doute que certains groupes criminels ont pu massivement investir dans le bitcoin dans son jeune age, mais cela semble relativement exclu aujourd’hui, à moins d’avoir déja une banque corrompue à sa disposition et un service d’obfuscation fiable sous son contrôle.
Entre les techniciens de la mafia et ceux de la NSA, vous pariez sur qui ?

Si vous tenez à rester éloigné le plus possible des milieux criminels, évitez les crypto-monnaies utilisant des transactions secrètes, type DASH, et préférez l’Ethereum ou ses déclinaisons.
Et si vous avez des activités criminelles, démerdez-vous tout seuls 😛

Les crypto-monnaies sont stériles : Plus ou moins
Certes, la majeure partie des crypto-monnaies sont pensées comme étant des moyens d’échanges ou de spéculation, ne permettant la création d’aucune richesse réelle.
La seule valeur de ces monnaies tient à la qualité technique du système qui les portent, de la vivacité de leur communauté, et de leur capitalisation (la quantité d’argent qui a déjà été investie).
Petite exception : les « smarts-contrats », que l’on évoquera pas ici :)

En parallèle de ces monnaies « stériles », des crypto-monnaies « utiles » sont apparues : Au lieu d’enrichir les participants pour leur mining ou pour les intérêts, certaines monnaies sont distribuées en récompense de calculs utiles pour la communauté, exécutable par du matériel informatique domestique.

On notera par exemple :
Le gridcoin (GRC) : Le principe est simple, vous choisissez un projet scientifique, partagez votre puissance de calcul, puis êtes récompensés ! Les domaines étudiés sont larges : mathématiques, physiques, astronomie, chimie …
Le CureCoin (CURE) : Même principe, mais spécialisé pour l’étude de nouvelles molécules, on l’espère à but médical !
Le Golem (GNT) : Cette fois votre puissance de calcul est utilisée pour un but un peu moins noble : réaliser des animations graphiques. En effet, le système Golem permet en effet aux graphistes d’accéder à une plus grande puissance de calcul, en vous « louant » votre matériel.

Dernière catégories, certaines monnaies sont adossées non pas au travail fourni par votre ordinateur, mais par vos propres actions. Par exemple la monnaie Steem vous est distribué pour votre participation sur le réseau social Steemit, selon la popularité de vos participations (inscription actuellement désactivée).

Voilà pour cette fois, le prochain billet nous parlera de quelque chose … certainement !

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